. . . for with freedom come responsibilities. Nelson Mandela An invasion of armies can be resisted, but not an idea whose time has come. Victor Hugo Two dangers constantly threaten the world: order and disorder. Paul Valéry Whenever you are in doubt, recall the face of the poorest and the weakest man. Gandhi *

Citizens’ Reappropriation of Politics

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Déclaration commune
Deuxième rencontre du groupe de dialogue Chine, Europe et Amérique du Sud : pour une Société Civile en chemin vers le changement
Beijing, 28-30 mai 2013

Pour construire une gouvernance mondiale démocratique, il est essentiel que les différents acteurs de la planète dialoguent entre eux. Mais si aujourd’hui les contacts se multiplient dans le monde entier entre différents secteurs citoyens, professionnels, commerciaux et culturels de diverses origines géographiques, ceux-ci n’ont pas toujours pour objectif ou intention d’exprimer une seule et même voix pour contribuer à combler le vide politique laissé par la mondialisation. Le groupe de dialogue tripartite Chine, Europe et Amérique du Sud, qui assume cette volonté, s’est rencontré en mai dernier à Beijing et a élaboré la déclaration commune suivante, qui touche aux aspects qui sont fondamentaux pour transformer nos manières de créer des liens au niveau mondial.

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Voir aussi la vidéo : Dialogue des
les sociétés civiles chinoise, sud-américaine
et européenne à Rio+20. Un autre futur est possible
Español, 中文, English, français

Points communs :

1. La solidarité :

Nous nous considérons comme faisant partie d’une même communauté mondiale et nous pensons qu’il est nécessaire de dépasser les frontières et toute forme d’hégémonie et de faire de la solidarité notre intérêt général et commun. Il s’agit d’une responsabilité qu’il faudrait assumer. Le chemin pour atteindre l’objectif de la durabilité passe par le partage d’initiatives, d’expériences et d’études de cas réussis dans un esprit de dialogue constructif et de respect mutuel.

2. Les crises mondiales :

La planète et les êtres humains sont reliés entre eux et partagent un destin commun face à leurs propres limites. Nous reconnaissons que la situation actuelle est parcourue de tensions profondes qui, faute de changement radical de direction, deviendront encore plus graves. Nous sommes confrontés à une crise de civilisation et dans le cadre des politiques actuelles mises en œuvre par les acteurs dominants, les conditions pour construire une base commune ou une entente partagée ne semblent pas être au rendez-vous. Les convergences des diverses crises environnementale, sociale et économique révèlent les limites de la croissance du PIB et nous obligent à reconsidérer notre responsabilité collective et individuelle. Il faut compenser l’accent mis sur la dimension économique avec de plus grands efforts pour améliorer les dimensions sociale, environnementale et en particulier la dimension culturelle de la durabilité. Cette dernière nécessite plus de respect et de reconnaissance de la diversité ethnique et culturelle.

3. La société civile :

La société civile partage l’objectif d’apporter des solutions nouvelles aux problèmes et défis actuels des agendas mondiaux. Il faut considérer les organisations de la société civile comme l’un des principaux acteurs dans les processus de gouvernance mondiaux, régionaux, nationaux et locaux. Il est nécessaire d’accorder un rôle plus important à la société civile dans l’organisation et la mise en œuvre de la transition vers la durabilité.

4. La pauvreté et les inégalités :

La lutte contre la pauvreté fait partie du développement durable et devrait être prioritaire. Il faut des politiques inclusives dirigées contre l’extrême pauvreté et les inégalités. Cela implique de prendre en compte l’expérience et les connaissances des personnes qui vivent dans la pauvreté, qui sont les véritables agents du changement et non seulement les bénéficiaires des programmes d’aide. La « richesse » des sociétés dépend directement du bien-être de leurs citoyens les plus vulnérables.

5. Les institutions :

Les institutions existantes et les politiques en vigueur se sont révélées incapables de résoudre les problèmes qui nous menacent. Les institutions actuelles ne parviennent pas à répondre aux différentes crises. La responsabilité de définir de nouveaux paradigmes et de mettre en place de nouveaux processus émancipateurs revient alors aux citoyens et aux organisations de la société civile (OSC).

6. Les marchés :

L’économie de marché est incapable de prendre en compte les pressions environnementales et les disparités des ressources. En outre, la recherche d’avantages financiers produit encore plus de dommages sociaux et économiques et accélère l’instabilité écologique, ce qui entraîne une augmentation des asymétries sociales et politiques.

7. Les alliances :

Nous devons construire les relations sociales et la participation sur la base de processus du bas vers le haut, d’autonomisation et d’appropriation qui ouvriront sur une coopération horizontale entre les parties prenantes. Pour parvenir à la durabilité, il faut également améliorer une coopération multilatérale entre médias, gouvernement, secteur privé, OSC et le monde universitaire.

8. La spiritualité :

La durabilité exige de trouver un équilibre entre le développement matériel et spirituel. Parties intégrantes de la société civile, les organisations confessionnelles, les religions et les conceptions éthiques axées sur la « vie bonne » (par exemple celle du « buen vivir ») peuvent tout particulièrement contribuer à ce débat, étant donné qu’elles s’intéressent aux valeurs et qu’elles sont structurées aux niveaux mondial, régional et local.

Défis communs :

1. Le système économique actuel :

Il est important de rétablir et de préserver le lien entre la Terre et les êtres humains, car il a été brisé par un système économique basé sur des intérêts utilitaires et financiers. Les pays dits « BRICS » (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) sont confrontés à des défis économiques et devraient faire davantage d’efforts pour changer leur modèle actuel de développement économique, insoutenable, orientés vers le seul leadership économique, tandis que l’Europe devrait combattre ses politiques d’austérité, qui sont en train de conduire à une augmentation de la pauvreté et des inégalités.

2. Éthique et diversité :

Nous vivrons tous mieux si nous reconnaissons la diversité des idées et des idéaux et acceptons la possibilité qu’il existe des alternatives nouvelles et meilleures qui valorisent la diversité, et si en même temps nous intégrons l’idée qu’il y a plusieurs solutions et non une seule. Nous avons besoin d’une éthique commune basée sur les droits universels, mais aussi sur le principe de responsabilité universelle, qui soient aussi en adéquation effective avec le pouvoir, le savoir et l’avoir des acteurs. Plus on est puissant, plus on est responsable devant la communauté mondiale du bien commun.

3. De nouvelles institutions :

Il faut inventer de nouvelles institutions et de nouveaux processus capables de faire en sorte que les peuples et les citoyens participent à l’identification de solutions et qui assurent leur mise en œuvre.

4. Justice sociale et participation :

Les gens travaillent, mais leur revenu ne suffit pas à leur garantir un salaire de subsistance et à préserver leur dignité. Nous devons élaborer un concept de justice sociale qui respecte également l’intégrité de la Terre. Il faudrait soutenir les groupes vulnérables de manière à ce qu’ils participent aux processus décisionnels pour le développement durable, surtout au niveau local.

En Europe, la crise économique et industrielle nous conduit à interroger les modèles dominants capitalistes de production et de consommation et à rechercher les moyens d’inventer de nouveaux modèles de systèmes qui ne sont pas orientés vers le marché de la consommation et de la production (par exemple dans le cadre des « communs »).

En Amérique du Sud, la disparité des organes inter-gouvernementaux (UNASUR, CEPALC, MERCOSUR, Alliance du Pacifique) bloque la possibilité d’une coordination cohérente des politiques publiques au niveau régional. Cette disparité reflète notamment les différences idéologiques des acteurs politiques, qui ont des opinions divergentes sur la manière d’intégrer les pays à la mondialisation et sur les niveaux de participation à mettre en place dans les régimes démocratiques à l’intérieur de chaque pays et dans la région.

5. Redéfinition des relations État-société :

Il faut redéfinir les relations de la société avec l’État, les gouvernements locaux et les entreprises pour faire en sorte que la société civile dispose de plus de marge de manœuvre pour élaborer et appliquer des solutions alternatives. La société civile joue un rôle de plus en plus important aux niveaux mondial et national.

Le gouvernement chinois encourage les OSC chinoises à apporter leur contribution, notamment pour réaliser le développement durable en Chine. Il reste toutefois à améliorer la gouvernance des OSC et à créer un environnement propice pour donner plus d’espace aux OSC et leur permettre d’exercer leurs activités. Les OSC contribuent de manière significative à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement en Chine. La Consultation nationale chinoise sur le Programme de développement pour l’après-2015 de l’ONU a débouché sur une plate-forme de dialogue entre société civile et organismes du gouvernement, entreprises et le monde universitaire. Elle a favorisé une meilleure compréhension entre les différents groupes et facilité leur future coopération. Le rôle positif joué par la société civile a été confirmé et on l’encourage à contribuer à la formulation d’Objectifs de développement durable (ODD).

En Europe, de nouveaux mouvements sociaux voient le jour sous l’effet d’une méfiance vis-à-vis du système, y compris vis-à-vis d’organisations traditionnelles de la société civile telles que les syndicats ou les OSC (cf. le « mouvement des indignés »). Il faudrait que l’Union européenne fonctionne de manière plus démocratique et que le processus participatif soit inclusif et ouvert à un large éventail de parties prenantes, afin que les voix des citoyens soient entendues et les décisions moins bureaucratiques.

En Amérique du Sud, les organisations de la société civile et des mouvements sociaux (étudiants, peuples autochtones, assemblées de citoyens...) tentent de peser sur les politiques publiques là où les États sont dirigés par des gouvernements progressistes, ou de résister à des politiques néolibérales là où les États sont aux mains de gouvernements conservateurs. Au-delà de leurs relations avec l’État et les gouvernements, de nombreux acteurs sociaux mettent en œuvre un programme plus autonome, indépendant de l’agenda officiel, et lancent des formes d’organisation politique en réseau avec de nouvelles méthodes de mobilisation citoyenne.

6. Satisfaction de vie et imaginaire :

La consommation et la production sont les moteurs principaux des échanges dans nos sociétés. Nous devons développer d’autres sources de satisfaction, promouvoir l’attention et l’échange de cultures, et être en mesure de promouvoir et de mettre à profit l’imaginaire des citoyens et des peuples.

7. Croissance et développement :

Le paradigme de développement mondial actuel est un piège et il faut le repenser. Nous devons aborder la question fondamentale de la réduction de la pauvreté en créant un autre paradigme qui remette en question la primauté de la croissance et assure que les personnes les plus vulnérables bénéficient de politiques publiques.

Propositions pour un programme commun et un futur dialogue :

Principes de notre participation à des actions et société civile :

• Enrichir le processus d’apprentissage : informer sur les processus (à travers les Nations Unies, les forums régionaux, sociaux...)
• Organiser des campagnes nationales et privilégier les liens
• S’entraider pour améliorer le renforcement des capacités de la société civile

Les activités :

1. Études de cas :
• Publier la collection des études de cas pour les trois régions présentée à l’occasion de la réunion de mai 2013 à Beijing et fournir une analyse « du bas vers le haut » en fonction de nos principaux défis communs (participation, limites environnementales) d’ici fin 2013.

2. Échanger les informations :
• Diffuser le matériel disponible via une plate-forme en ligne où tous les groupes pourront partager divers journaux, documents, vidéos... en tenant compte des compatibilités et des formats accessibles par chacun des membres. Ces mécanismes d’échange d’informations et la plate-forme permettront de discuter des développements récents dans les OSC d’Amérique du Sud et d’Europe, et de partager les nouveaux développements des OSC chinoises par appels Skype, listes de diffusion...

3. La participation
• Créer des alliances stratégiques concrètes dans la durée pour des actions communes.
• Créer des occasions pour entendre d’autres voix et participants, favorisant ainsi une meilleure compréhension des solutions possibles aux questions non réglées du programme, le tout dans le cadre du dialogue tripartite (ou multipartite).
• Mettre en place de nouvelles formes de participation dans nos pays.
• Soutenir collectivement et aider les plus vulnérables, marginalisés et défavorisés et faire entendre leur voix.

4. Prochaines rencontres :
• Prévoir un dialogue ouvert lors de notre prochaine réunion à Santiago du Chili en novembre 2014, en espérant que les membres actuels et de nouveaux membres y participeront.
• Thèmes pour de futurs dialogues :
– La gouvernance, l’éthique et l’économie des « Communs »
– « Civilisations » : bio, écologique
– Une nouvelle gouvernance mondiale dans un monde en pleine mutation
– Voix alternatives des OSC dans le cadre des BRICS

5. Processus internationaux : un agenda international sur les villes et les territoires durables et sur le changement climatique
• Ecocity en France, septembre 2013
• Session ODD à NY en février 2014 : suivre ensemble, participer de manière constructive et peser de manière positive sur les processus de consultation ODD
• Processus de la COP 20 sur le changement climatique à Lima (décembre 2014) vers la COP 21 à Paris (2015), où un nouvel accord climatique mondial est attendu

Organisations participantes :

• Association 4D (France)
• ATD Quart monde (Belgique)
• Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’Homme (FPH) (Suisse)
• CONCORD (Belgique)
• Pain pour le Prochain (Suisse)
• Nature Code - Center of Development and Environment (Autriche)
• Ibase (Brésil)
• Forum pour une nouvelle Gouvernance Mondiale (Chili)
• Movimiento Ciudadano frente al Cambio Climático (Perú)
• Encuentro por la Democracia y la Equidad (Argentina)
• United Nations Association of China
• Forum China-Europa
• China Foundation for Poverty Alleviation
• South-North Institute for Sustainable Development (Chine)
• The Maple Women’s Psychological Counseling Center (Chine)
• Promotion Association for Mountain-River-Lake Regional Sustainable Development of Jiangxi Province (Chine)
• China Association for NGO Cooperation


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