. . . for with freedom come responsibilities. Nelson Mandela Two dangers constantly threaten the world: order and disorder. Paul Valéry Henceforth, our country should be the universe. Flora Tristan Do what is right. Rosa Parks *

Dossiers and Documents : Discussion Papers : Rethinking Global Governance

Rethinking Global Governance

Introduction : De l’équilibre international à la gouvernance mondiale

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Arnaud Blin, Gustavo Marin ¤ 2 January 2008 ¤
Translations: Español (original) . English .

La chute de l’Union soviétique en 1991, plus que le choc du 11 septembre 2001, a marqué la fin d’une très longue période de l’histoire internationale, celle dite de l’«équilibre». Depuis cet événement historique, la planète est en phase de rupture géostratégique. Le modèle de la «sécurité nationale », par exemple, bien que toujours en vigueur pour la plupart des gouvernements, laisse place progressivement à une conscience collective émergente qui dépasse ce cadre étriqué.

Pour certains, dont nous faisons partie, l’avenir de l’architecture mondiale passe par la mise en place d’un système de gouvernance mondiale. Or, aujourd’hui l’équation se complique sensiblement: alors qu’auparavant, il s’agissait essentiellement de réguler, et de limiter, le pouvoir individuel des États pour éviter les déséquilibres et la rupture du statu quo, il est désormais impératif de peser collectivement sur le destin du monde en instaurant un système de régulation de ces nombreuses interactions qui dépassent l’action des États. A contrario, l’homogénéisation politique de la planète, grâce à l’avènement de la démocratie dite libérale, qui se conjugue sous de multiples formes, semblerait faciliter la mise en place d’un système de gouvernance mondiale qui dépasse le laissez-faire du marché prôné par les libéraux et la paix démocratique élaborée au départ par Emmanuel Kant, et qui constitue une sorte de laissez-faire géopolitique.

Du 18e au 19e siècle, le problème principal fut celui de la puissance et de l’équilibre. A partir du 19e siècle, c’est le nationalisme qui émerge comme le moteur des relations internationales et qui, combiné avec les idéologies révolutionnaires ou réactionnaires, provoque les guerres en chaînes et les génocides. Le 19e siècle voit l’émergence de la liberté comme la superstructure philosophique qui nourrit à la fois l’idéologie révolutionnaire et le développement de la démocratie qui vont toutes les deux s’exprimer avec des fortunes diverses au 20e siècle. Le 21e siècle se dessine non pas comme celui de la religion (bien qu’ayant progressé comme force politique) – selon la célèbre prophétie d’André Malraux – mais comme celui de l’égalité, du moins celle de l’égalité en droit, à la fois des États et des peuples (cette égalité constituant le second volet philosophique, avec la liberté, hérité des Lumières). L’égalité économique étant plus compliquée à mettre en œuvre, le troisième volet hérité des Lumières: la fraternité, reste et restera certainement encore pour longtemps une utopie.

La volonté d’égalité, et l’idéologie égalitariste qui l’accompagne parfois, bouleversent à la fois la donne géopolitique puisque ce sont les «puissants» qui déterminent toujours le sort collectif du monde et elles remettent en cause la mondialisation. En effet, la mondialisation redistribue les cartes, de manière foncièrement inégalitaire, à une planète pour qui la croissance économique occupe désormais le rôle qui fut auparavant celui de la puissance politique, c’est à dire l’objectif premier que tous les gouvernants cherchent à accomplir. Comment concilier ce désir légitime d’égalité avec une réalité qui l’étouffe souvent dans l’œuf? C’est bien là l’une des questions auxquelles il faudra bien un jour répondre.

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