Henceforth, our country should be the universe. Flora Tristan True peace is not merely the absence of tension, it is the presence of justice. Martin Luther King, Jr. The world is for the public good, such is the Great Way. Confucius An invasion of armies can be resisted, but not an idea whose time has come. Victor Hugo *

Dossiers and Documents : Discussion Papers : Rethinking Global Governance

Rethinking Global Governance

La menace terroriste
Le Nucléaire
Les nouvelles guerres

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Rethinking Global Governance

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Arnaud Blin, Gustavo Marin ¤ 2 January 2008 ¤
Translations: Español (original) . English .

Depuis 2001, on a beaucoup parlé de la menace terroriste, et même de manière exagérée de la part de certains gouvernements qui ont exploité cette menace à leur profit. Le terrorisme ne menace pas la stabilité de la planète et encore moins la survie de l’Occident. Néanmoins, c’est une menace qui dépasse le cadre des frontières nationales et qui, potentiellement, touche tout le monde. C’est même un des rares problèmes de sécurité qui est à cheval sur l’international, le national et le local. La lutte anti-terroriste, par exemple, implique à la fois les villes, les polices, les agences de renseignements, les armées nationales, les Nations Unies et Interpol, pour citer les plus importants. Plus généralement, le combat anti-terroriste implique aussi le simple citoyen. Face à cette menace, on voit depuis 2001 – qui marque la grande prise de conscience de cette menace plus que centenaire – qu’il n’existe aucun appareil susceptible de coordonner la lutte anti-terroriste sur le plan international, ni même d’institutions capables d’informer les citoyens sur la nature de cette menace dont la cible, justement, est le simple citoyen, et qui se joue presque essentiellement sur le théâtre d’un affrontement psychologique où l’enjeu est l’opinion publique. Certes des contacts ont été pris entres diverses agences et des réseaux ont été tissés mais il s’agit souvent d’actions disparates auxquelles il manque une véritable cheville ouvrière.

Le Nucléaire

Le nucléaire présente l’exemple parfait d’un problème qui aurait du être résolu depuis un bon nombre d’années et dont on ne voit pas aujourd’hui comment il pourrait être solutionné de manière définitive. Or, la fin de la guerre froide n’a vu aucune évolution significative dans ce domaine si ce n’est la poursuite des accords entamés en plein affrontement des deux blocs. Si la stratégie nucléaire a peut-être eu un certain sens politique – même dans un contexte absurde sur le plan éthique et philosophique – durant la guerre froide, la possession d’arsenaux nucléaires, même réduits, par un petit groupe de pays, dont les puissances nucléaires traditionnelles (celles du conseil permanent de sécurité de l’ONU) plus trois ou quatre autres pays, rien ne justifie aujourd’hui le maintien, et encore moins le développement d’armes nucléaires.

Or, que voit-on ? Non seulement les puissances traditionnelles ne se posent-elles même pas la question de savoir si elles pourraient abandonner leurs arsenaux et leurs programmes, mais elles tentent de refuser à certains (Corée, Iran) – certes aux objectifs douteux - l’accès à la technologie nucléaire tout en cautionnant d’autres nations (Inde). N’est-ce pas la une manière d’affirmer que la puissance et la loi du plus fort continue de régenter les affaires internationales ?

Contrairement au terrorisme qui est un phénomène complexe et multi-dimensionnel, le nucléaire est un problème simple puisqu’il ne concerne jusqu’à nouvel ordre que les États (qui aiment agiter le drapeau de la soit disante menace d’un terrorisme nucléaire), et qu’une poignée d’entre eux. Mais, si le problème est simple, il est néanmoins épineux puisqu’une explosion nucléaire a par définition un formidable potentiel de destruction. Or, ni les États concernés, ni les Nations Unies (même chose ou presque dans ce cas) n’ont la volonté d’abandonner un instrument de prestige pouvant éventuellement servir aux torsions de bras diplomatiques – et n’oublions pas que la nouvelle doctrine nucléaire étasunienne envisage un usage très élargi de l’arme nucléaire (préemption, lutte anti-terroriste, etc.). Le nucléaire, produit résiduel de la guerre froide, devrait être résolu. Pour l’heure, il est loin de l’être.

Les nouvelles guerres

Les conflits classiques ont fait long feu. Aujourd’hui, il n’y a pratiquement plus de guerres entre États. L’effondrement de tous les empires a signifié aussi la fin des guerres de libérations nationales. Les nouveaux conflits sont d’un autre ordre. D’abord, ils touchent surtout les pays « périphériques » ou « marginaux », donc éloignés des épicentres géopolitiques. Ces pays qui sont souvent à la fois pauvres ou appauvris et mal gouvernés. De nouvelles causes de conflits sont également nées. Elles sont de moins en moins politiques et de plus en plus économiques et liées à l’environnement. Les problèmes d’environnement (sécheresses, accès à l’eau potable) sont désormais causes de conflits avec toutes les conséquences que cela peut avoir (déplacement de population par exemple) et qui se greffent à d’autres sources potentiels de conflits (ressentiments historiques, animosités inter-ethniques, conflits d’opinions). Pour ces conflits de nouvelles approches sont nécessaires, y compris une bonne connaissance des problèmes, une volonté partagée de prévenir l’escalade le devoir de s’ingérer dans les affaires d’un État souvent incapable, au mieux, de prévenir le conflit.

Il est impératif que la prévention de nouveaux conflits de type Darfour devienne une des priorités de la communauté internationale dans l’avenir. Là encore, comment avancer? Dans ce domaine, l’approche classique est vouée à l’échec puisque ces conflits, de par leur complexité et de par le fait qu’ils interviennent souvent dans des régions considérées comme de portée stratégique faible, n’intéressent pas à priori les pays qui pourraient intervenir. C’est là, plus qu’ailleurs encore, qu’il faut développer de nouveaux outils conceptuels susceptibles de déboucher sur des actions concrètes de préventions de ces types de conflits qui, s’ils ne sont pas jugulés, vont se multiplier dans l’avenir, avec pour conséquences de véritables catastrophes humaines. D’autres problèmes, occultés jusqu’à présent, nécessitent aussi d’être étudiés. Prenons un exemple : le ressentiment. Combien de conflits, de crises, de tensions naissent de ressentiments dont certains datent de plusieurs siècles ? Aujourd’hui, alors que les guerres coloniales sont terminées ou que les grands conflits d’intérêts ou les luttes de puissance entre les États semblent en recul, le ressentiment est peut-être la cause principale des guerres et des crises du moment. Or, que font les gouvernants pour comprendre ce phénomène pourtant crucial de l’histoire et particulièrement de l’histoire contemporaine ? Même les historiens et les politologues ne se sont pas jusqu’à présent beaucoup penchés sur la question. Or, si la guerre préventive est un leurre, la paix, elle, est essentiellement préventive. Pour prévenir, pour agir aussi, il est impératif de comprendre. Pour construire le monde de demain, il faut donc comprendre le monde d’aujourd’hui. Ceci pourrait être un slogan politique creux. C’est pourtant bien d’un éclairage qui nous fait souvent défaut dont nous avons besoin pour bâtir l’architecture d’une gouvernance mondiale efficace, solidaire et responsable.

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