Henceforth, our country should be the universe. Flora Tristan Do what is right. Rosa Parks True peace is not merely the absence of tension, it is the presence of justice. Martin Luther King, Jr. Whenever you are in doubt, recall the face of the poorest and the weakest man. Gandhi *

Dossiers and Documents : Discussion Papers : THE UN AND WORLD GOVERNANCE

THE UN AND WORLD GOVERNANCE

En guise de conclusion (provisoire)

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THE UN AND WORLD GOVERNANCE

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Arnaud Blin, Gustavo Marin ¤ 7 January 2009 ¤
Translations: English . Español .

Les Nations Unies font partie de la dynamique des relations internationales depuis plus de six décennies aux cours desquelles beaucoup de choses ont changé, y compris la perspective que peut avoir chaque individu de sa place dans l’univers. Dans de nombreux domaines, l’ONU est présente et l’on voudrait qu’elle le soit davantage. A travers ses nombreuses agences spécialisées, elle accomplit parfois des miracles, qui plus est avec des moyens extrêmement limités. Si le monde a évolué, l’ONU aussi a su s’adapter et même parfois précéder et influencer les changements structurels profonds qui ont pu transformer le cours des choses et de l’histoire. Sur le plan des réformes aussi, l’ONU, par l’intermédiaire de son Secrétaire général, a tenté d’amorcer la pompe, parfois avec un relatif succès.

Pour autant, l’ONU incarne la pensée d’une autre époque alors que ses structures furent coulées dès le départ dans un moule rigide qui convenait d’abord à de grandes puissances, dont le champ mental ne dépassait guère celui d’une gouvernance mondiale régie principalement par la dure loi des rapports de forces. Certes, l’ONU a réussi à adoucir cette loi et même à humaniser un tant soit peu les règles du jeu. Mais l’ONU ne fut jamais créée pour être libre et indépendante de la volonté des États qui la constituent. Aujourd’hui, alors que soit les principaux problèmes du monde sont dus à une faillite des appareils d’État, soit ils touchent une dimension qui dépasse le cadre des rapports interétatiques, il est clair qu’une nouvelle architecture de la gouvernance mondiale doit se mettre en place.

Quelle place pour l’ONU dans cette nouvelle architecture ? Il est clair que l’ONU a un rôle important à jouer aujourd’hui dans un monde instable et qui, pour le meilleur ou pour le pire, n’est régi par aucun système de stabilisation géopolitique ou géoéconomique. Mais, de par sa constitution originelle, l’ONU est dans l’incapacité de transcender la dimension étatique dans laquelle elle est par la force des choses enfermée. Son action symbolique est vitale mais rien n’indique qu’elle disposera un jour des moyens matériels correspondant à ses ambitions.

Plutôt que d’attendre et de réclamer de l’ONU qu’elle accomplisse l’impossible tout en bridant ses actions pour ensuite critiquer son manque de résultats, il nous semblerait plus judicieux à l’avenir de restreindre ses mandats mais de lui fournir dans les domaines voulus de véritables moyens, par exemple dans les domaines de la santé, de la faim ou de l’éducation.

Dans d’autres secteurs, y compris celui qui fut à l’origine de la création des Nations Unies, celui de la guerre et de la paix, il est clair que d’autres mécanismes sont nécessaires sous peine que l’on soit perpétuellement déçu. Dans ce domaine, l’ONU est très loin d’avoir les moyens d’agir efficacement et les pays membres, à commencer par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité n’ont pas et n’auront probablement jamais la volonté de lâcher du leste. Du reste, l’évolution de la guerre et de la paix nécessite une refonte complète des appareils militaires, des stratégies et de la notion même d’armée. Dans le seul domaine des opérations de maintien de la paix, il est évident que les choses doivent sensiblement évoluer et qu’une révolution se prépare, ou devrait se préparer, dans cette zone particulièrement sensible. Or, on voit mal les États abandonner leurs prérogatives dans ce domaine qui, plus que nul autre, obéit toujours aux lois ancestrales de la grande politique : celles des rapports de forces. Malgré tout, l’histoire a démontré que l’État est capable d’évoluer, et même de se métamorphoser rapidement. Une révolution semblable à celles de 1648 ou de 1789 reste possible même si, aujourd’hui, il est difficile de l’envisager – mais tel est le propre des révolutions : de nous surprendre. Il n’est donc pas impensable que le modèle étatique évolue sensiblement dans les années à venir, au point de donner une seconde vie à l’Organisation des Nations Unies (une troisième si l’on compte la SDN). Il n’est pas impossible non plus que l’échafaudage d’une nouvelle gouvernance mondiale tire les États, et donc l’ONU, vers le haut. Mais ces scénarios ne sont, pour l’heure, corroborés par rien de concret.

Il serait peut-être plus sage d’accepter l’idée que l’ONU ne pourra pas faire beaucoup plus à l’avenir qu’elle ne le peut actuellement et que son énergie pourrait sans doute être mieux exploitée ailleurs. Dans ce sens, une réorientation des activités de l’ONU semblerait dans la pratique avoir plus de chance de succès qu’une réforme de fond.

En d’autres termes, le rôle que pourrait jouer l’Organisation des Nations Unies dans la gouvernance mondiale du 21e siècle serait d’autant plus vital que d’autres éléments viendraient compléter, soutenir et suppléer à son action. Quels types d’éléments ? Pour l’heure, on s’est surtout focalisé sur des schémas qui, dans leur grande majorité, impliquent une activité plus ou moins institutionnalisée qui place les États, encore, au cœur de la solution. D’où l’idée d’un nouveau « concert » des nations ou des puissances (Michael Lind [1]), celle d’une ligue de démocraties (John Mc Clintock et Xavier Guigue [2]), celle de regroupements régionaux (Pierre Calame [3]), ou encore d’un « G8/G20 » élargi (Johannes Lynn et Colin Bradford [4]). Il semble pourtant que d’autres acteurs – Sociétés civiles, ONG/OIG, Entreprises, etc. – doivent impérativement participer à la gouvernance mondiale. Comment ? Avec quels moyens ? Dans quels buts ? Les réponses à ces questions sont éminemment complexes et dépassent très largement le cadre de cet essai. Mais il nous semble qu’une solution unique, y compris celle de l’ONU, n’est ni possible ni souhaitable aujourd’hui comme elle pouvait le paraître il n’y a pas si longtemps. L’architecture d’une nouvelle gouvernance mondiale doit être décentralisée et diffuse, flexible et adaptée, efficiente et durable. L’heure où tous les problèmes du monde pouvaient en théorie être réglés sous un seul chapiteau est désormais révolue. Moins esthétique, ce type d’architecture pourrait en revanche être beaucoup plus efficace que l’édifice onusien ne l’a été jusqu’à présent. Il reste que, comme pour tout édifice architectural, les problèmes à résoudre sont précis. L’architecture d’une nouvelle gouvernance mondiale doit être tout aussi précise. Et elle doit répondre aux questions essentielles : pour qui ? pourquoi ? comment ? à quelles fins ? qui décide de quoi ? En d’autres termes, comme pour toute organisation humaine, se pose le problème de la légitimité. Jusqu’à présent, les États avaient le monopole de la légitimité politique. Désormais, il faudra redéfinir les normes d’une nouvelle légitimité.

[1Michael Lind, The American Way of Strategy, Oxford: Oxford University Press, 2008.

[2John Mc Clintock, avec la collaboration de Xavier Guigue, The Uniting of Nations, an Essay on Global Governance, Bruxelles, Peter Lang, 2007.

[4Johannes F. Linn et Colin J. Bradford, “Summit Reform: Toward an L 20”, in C. Bradford et J. Linn, Global Governance Reform, Breaking the Stalemate, Washington, Brookings Institution Press, 2007, pp. 77-86.

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