
En cette période cruciale de notre histoire, donner la responsabilité au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies de promouvoir les droits universels de l’homme est un point positif, dès lors que celui-ci continue de rendre le dialogue possible, et rompt le puissant monologue hégémonique et l’impérialisme culturel des pays occidentaux.
L’universalisme actuel n’est pas un produit de la démocratie et du consensus, mais a en grande partie été créé par la conquête et la violence. La principale crise du régime actuel des droits de l’homme tient au fait qu’il prend la forme d’un néo-libéralisme euro-américain se cachant sous le masque de l’universalisme, et impose ainsi ses valeurs centrales au monde, ce qui provoque inévitablement des contestations et des résistances. L’universalisme devrait favoriser la réalisation d’efforts progressifs, et ne pas être le produit de la conquête et de la domination.
À l’heure où la planète se réinvente en « village global », les droits individuels ne sont plus appropriés ni suffisants comme base à une coexistence pacifique entre les hommes de la grande famille globale. L’image de la planète en tant que « village » soulève la question de l’importance des droits communaux pour que ce village soit habitable. Elle soulève également la question des valeurs devant sous-tendre la vie dans ce village.
Ce village devrait être régi par l’idéologie ubuntu, qui souligne l’interdépendance des êtres humains. Dans l’idéologie ubuntu, les acteurs secondaires ont également une place pour vivre. Cette idéologie insiste sur l’importance de l’empathie, du partage et de la coopération.